Les présidents de six fédérations arabes de football, dont celles du Maroc, du Qatar et de l'Égypte, ont annoncé leur soutien au président de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino, alors qu’il fait face à des pressions croissantes suite à l’échec de son projet visant à ouvrir la voie à des investissements privés dans les compétitions de la FIFA.
Cette prise de position intervient à un moment délicat pour Infantino, qui se prépare à se présenter aux élections à la présidence de la FIFA l’année prochaine, dans un contexte d’opposition ouverte de la part de l’Union européenne de football (UEFA), de la Confédération asiatique et de la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF).
Infantino avait proposé de séparer les droits commerciaux de la Coupe du monde et d’en vendre 20 % à des investisseurs du secteur privé, dans le but de lever environ 4,2 milliards de dollars, avant de faire marche arrière suite à une vague de critiques.
Dans un communiqué commun, les présidents des six fédérations ont déclaré : « Conscients du rôle important que joue le football arabe dans le rapprochement entre les peuples et le renforcement de la coopération entre les fédérations de football à travers le monde arabe, expriment leur soutien total à M. Gianni Infantino, président de la FIFA, et réaffirment leur confiance en sa direction et en son engagement constant en faveur du développement du football à travers le monde».
La déclaration a été signée par le président de la Fédération qatarienne, le cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, le président de la Fédération égyptienne, Hani Abu Rida, ainsi que les présidents des fédérations du Maroc, du Liban, du Soudan et de la Mauritanie.
Parmi les signataires, quatre responsables sont membres du Conseil de la FIFA : Hamad bin Khalifa Al Thani, Hani Abu Rida, Fawzi Lakjaâ, président de la Fédération royale marocaine de football, et Ahmed Yahya, président de la Fédération mauritanienne.
Le communiqué ajoute : « Nous apprécions vivement les efforts constants déployés par M. Infantino pour développer le football à l’échelle mondiale, élargir les opportunités dans toutes les régions et renforcer le rôle de ce sport dans le rapprochement entre les personnes et les communautés. »
Les signataires ont également réaffirmé leur volonté de poursuivre leur coopération avec le président de la FIFA « pour un avenir plus solide et plus prospère du football mondial, pour élargir les opportunités et renforcer la contribution du football arabe à ce sport à l’échelle mondiale ».
En revanche, les pressions sur Infantino se poursuivent, l’Irlande ayant rejoint la liste des pays qui lui ont retiré leur soutien. La Fédération irlandaise a expliqué qu’elle était revenue sur la lettre de soutien qu’elle avait précédemment adressée, en raison de préoccupations liées à la gouvernance, à la transparence et à l’absence de consultation effective.
La proposition dont Infantino s’est retiré prévoyait une subvention de 20 millions de dollars pour les fédérations membres au cours du prochain exercice financier, avec la possibilité de doubler ce montant en cas d’approbation de l’accord.
À l’issue d’une réunion de crise tenue au Maroc la semaine dernière, la FIFA a présenté ses excuses à ses 211 fédérations membres pour les erreurs commises dans la manière dont la proposition avait été traitée, tout en affirmant que la haute direction de l’organisation soutenait pleinement Infantino.
Malgré la position d’opposition des trois confédérations continentales, qui représentent ensemble 136 fédérations nationales sur 211, la nature du scrutin lors des élections de la FIFA rend la situation plus complexe, chaque fédération nationale disposant d’une voix indépendante et les fédérations ne se conformant pas nécessairement aux positions de leurs confédérations continentales.
Infantino bénéficie également du soutien de la Confédération africaine de football (CAF), ainsi que d’un certain nombre d’autres fédérations nationales.
S'il n'y a qu'un seul adversaire, Infantino aura besoin d'une majorité simple de 106 voix pour l'emporter. En revanche, si trois candidats ou plus sont en lice, il lui faudra obtenir une majorité des deux tiers, soit 141 voix, dès le premier tour de scrutin.





