L'Espagnol Fernando Alonso a appelé à apporter des modifications supplémentaires aux futurs règlements techniques du championnat de Formule 1, estimant que les règles actuelles imposent aux pilotes un style de conduite qui ne reflète pas pleinement la nature des voitures de course les plus rapides au monde.
Bien que le double champion du monde ait salué les changements annoncés par la Fédération internationale de l'automobile (FIA) visant à accroître progressivement le recours aux moteurs à combustion au cours des saisons 2027 et 2028, il estime que ces mesures ne suffisent pas à elles seules, soulignant que la répartition de la puissance dans les monoplaces modernes doit également être revue.
Alonso propose une modification concernant l’utilisation des batteries
S’exprimant en marge du Grand Prix d’Azerbaïdjan à Bakou, Alonso a proposé une idée consistant à réduire la puissance instantanée maximale fournie par les batteries électriques, en contrepartie d’une prolongation de leur durée d’utilisation sur l’ensemble du tour.
Le pilote d’Aston Martin estime que le système actuel confère à la voiture une forte poussée au début des lignes droites, avant que l’effet de l’énergie électrique ne s’estompe progressivement, ce qui entraîne une baisse de vitesse avant la fin de la ligne droite.
Cela oblige parfois les pilotes à lever le pied de l'accélérateur trop tôt et à laisser la voiture rouler en roue libre sur une plus longue distance avant d'atteindre le virage.
Selon Alonso, réduire la puissance maximale de la batterie et répartir l’énergie sur une période plus longue pourrait rendre la courbe d’accélération et de vitesse plus naturelle, de sorte que le pilote aborde le virage à la vitesse la plus élevée possible, au lieu d’atteindre la vitesse maximale au milieu de la ligne droite puis d’en perdre une partie par la suite.
Verstappen soutient cette idée
La proposition d’Alonso a reçu le soutien du Néerlandais Max Verstappen, qui s’est dit d’accord avec une grande partie des idées concernant l’avenir du championnat.
Le pilote Red Bull estime que la Formule 1 doit accorder un rôle plus important aux moteurs à combustion interne, tout en réduisant la dépendance excessive à l’énergie électrique.
Selon lui, réduire la part des batteries pourrait contribuer à rendre les performances des voitures plus fluides, tant en termes de style de pilotage que de suivi des courses.
Verstappen a également souligné que certains des ajustements requis pourraient être importants, mais il les a jugés nécessaires pour préserver l’identité et le caractère compétitif du championnat.
Red Bull ouvre la voie au changement
De son côté, le directeur de l'écurie Red Bull, Laurent Mekies, a exprimé un soutien de principe à toute modification permettant aux pilotes de pousser davantage lors des qualifications et des courses.
Mickis estime que de telles propositions méritent d’être étudiées, à condition qu’elles fassent l’objet d’un consensus adéquat entre les équipes et les instances organisatrices avant leur adoption officielle.
Ce débat intervient alors que la Formule 1 s’apprête à entrer dans une nouvelle ère technique, tandis que la controverse se poursuit sur l’équilibre idéal entre moteurs à combustion, énergie électrique et gestion des batteries.
L’accent sur le plaisir de piloter
Alonso et Verstappen partagent la même vision : le succès de la Formule 1 ne doit pas se mesurer uniquement à l’aune des chiffres commerciaux ou de l’ampleur de son audience, mais aussi par la capacité du championnat à conserver sa nature de terrain d’essai pour tester les compétences des pilotes et leur aptitude à pousser les voitures à leurs limites.
Alors que le championnat s’apprête à connaître de nouveaux changements techniques, les appels se multiplient pour revoir la manière dont l’énergie est utilisée dans les monoplaces, afin de permettre aux pilotes de s’appuyer davantage sur la vitesse pure et une pression constante tout au long des tours.
Si ces idées recueillent un soutien plus large de la part des écuries et de la Fédération internationale, la Formule 1 pourrait connaître des modifications supplémentaires au cours des prochaines années, dans le cadre d’une démarche visant à redéfinir la nature de la conduite dans cette nouvelle ère.





