À l’approche de la Coupe du monde de la FIFA 2026, la course aux maillots revient en force, d’autant plus que la prochaine édition comptera pour la première fois 48 équipes. Cependant, la flambée des prix des maillots authentiques pousse une grande partie des supporters à chercher des alternatives moins chères sur le marché de la contrefaçon.
De nombreux fans sont confrontés à un dilemme difficile : Payer plus de 100 dollars pour un maillot officiel ou acheter une réplique pour un prix qui n’est parfois qu’un dixième de l’original, bien que ce commerce soit souvent lié à des réseaux illégaux.
Le problème est d’autant plus complexe que la qualité des maillots contrefaits s’améliore. Sur les forums en ligne, certains utilisateurs partagent leurs expériences avec ces produits, et l’un d’entre eux, après avoir acheté un maillot de l’Espagne 2026, confirme qu'”il est presque impossible de faire la différence entre les deux”.
L’acheteur lui-même note que la chemise est arrivée en seulement dix jours, avec le logo au bon endroit, des broderies convaincantes et des détails fins, qualifiant le travail de “très solide artisanat”. Ce type de chemise se vend aux alentours de 15 euros, y compris dans des versions inspirées des maillots de stars telles que Kylian Mbappe, Lionel Messi, Cristiano Ronaldo et Lamine Yamal.
Mise en garde contre l’expansion des réseaux de contrefaçon
Delphine Sarfati, directrice générale de l’association des fabricants Unifab, s’est inquiétée de la propagation du phénomène, déclarant à l’AFP : “Aujourd’hui, n’importe qui peut acheter un faux maillot de football en ligne, les saisies de produits contrefaits ont quadruplé depuis 2020, et la contrefaçon représente 15 % de la part de marché des articles de sport.”
Selon M. Sarfati, la contrefaçon n’est plus une activité limitée ou traditionnelle, mais est devenue une industrie organisée, ajoutant : “Nous sommes passés d’une mère italienne qui les fabriquait (des chemises) dans un arrière-atelier à des usines entières en Chine : “Nous sommes passés d’une mère italienne qui les fabriquait (les chemises) dans un arrière-atelier à des usines entières en Chine”.
Yann Ambach, chef du bureau de la politique tarifaire et commerciale à la douane française, souligne la gravité de la situation : “Nous sommes face à une fraude de grande ampleur, à des réseaux criminels, à une délinquance multiple… Fabriquer, transporter et acheter un produit contrefait n’est pas simple, nous alimentons des réseaux criminels, nous perdons des emplois, nous perdons des savoir-faire et nous perdons des recettes fiscales.”
Les grands événements sportifs entraînent généralement une augmentation du volume des produits de contrefaçon saisis, a-t-il déclaré, notant que les “jouets, poupées et articles de sport” représentent environ 30 % du total des saisies.
Pourquoi les chemises de cérémonie sont-elles devenues si chères ?
L’essor du marché de la contrefaçon est lié au prix élevé des maillots officiels, dont certains peuvent dépasser 160 euros en fonction de la version et des détails techniques.
L’économiste Richard Duautwa estime que le maillot de football “est devenu un produit de luxe”, expliquant que le coût de fabrication dans certains pays asiatiques ne représente qu’une petite partie du prix final, peut-être seulement 10 %.
Selon sa répartition, environ 35 % du prix va au distributeur, 25 % à l’entreprise d’équipement sportif, entre 8 et 15 % au club ou à la fédération, 5 % pour le transport, le reste étant constitué par les taxes.
Selon M. Duautois, ce système est doublement avantageux pour les équipes, car les bénéfices des équipementiers sont ensuite reversés sous la forme d’énormes contrats de sponsoring, comme celui de Nike avec la Fédération française de football, qui s’élève à plus de 100 millions d’euros par an.
Le marché parallèle fonctionne complètement en dehors de ce système, sans licence, ni contrat officiel de marketing ou de sponsoring, ce qui lui permet de proposer des maillots à des prix très bas.
Cheerleading et mode
Ippolit Gino, cofondateur de Line Up, un magasin parisien spécialisé dans les chemises vintage, explique qu’il peut comprendre pourquoi certains consommateurs se tournent vers les chemises contrefaites face à l’inflation et à l’augmentation des prix.
Il a expliqué que la qualité des contrefaçons s’est améliorée au point qu’il est difficile de distinguer les originaux des faux, déclarant : “Avec les nouveaux maillots qui sont devenus plus élaborés, vous devez regarder de très près les détails : “Avec les nouveaux maillots qui sont devenus plus élaborés, vous devez regarder de très près les détails”.
Gino suggère que certains originaux et certaines répliques peuvent être très proches en termes de source de production, ajoutant : “Je pense qu’ils (les maillots) sortent probablement des mêmes usines… Il y a beaucoup d’entreprises en Asie qui produisent le jour pour des sociétés d’articles de sport et la nuit pour un deuxième réseau.
Les maillots de football ne sont plus l’apanage des supporters passionnés. Depuis quelques années, ils sont devenus un article de mode porté par des personnes qui ne suivent pas nécessairement le jeu.
Gino note que de nouveaux clients sont apparus il y a cinq ou six ans, qui achètent des maillots pour leur esthétique et leur design, et pas seulement pour le football, ce qui donne au marché de la contrefaçon une occasion supplémentaire de prospérer.
À l’approche de la Coupe du monde 2026, l’augmentation des prix officiels, la qualité des contrefaçons et la généralisation des maillots comme élément de mode sont autant de facteurs qui rendront la lutte contre la contrefaçon plus complexe pendant le tournoi.





